
La banshee (du gaélique bean sídhe ou bean sí, littéralement « femme du tumulus féerique ») est une figure du folklore irlandais et écossais. La désignation actuelle la plus commune est le terme anglais banshee (attesté en 1771).
Elle est considérée comme un esprit féminin surnaturel dont le rôle principal est d’annoncer, par ses cris ou ses lamentations, la mort imminente d’un membre d’une famille. Elle appartient aux aos sí, le peuple féerique issu de l’ancienne mythologie celtique.
2. Étymologie
Bean : « femme » en gaélique.
Sídhe qui désignait l'Autre Monde dans la mythologie celtique du peuple Gaël, puis ce terme prit ultérieurement le sens de « colline, tertre, monticule » (donnant accès au royaume des dieux ou de la mort), puis lié aux fées.
Ainsi, la banshee est littéralement une « femme des collines féeriques ».
3. Fonction et rôle
La banshee est parfois désignée d'après son comportement comme la « femme qui hurle des mélopées funèbres »
Dans les traditions et récits médiévaux, la manifestation de la banshee était liée aux aspects guerriers, avec l'annonce des morts durant les batailles sanglantes et la symbolique du passage vers l'Autre Monde (chrétien ou païen).
À l'époque moderne, dans le contexte d'une société paisible, la banshee annonce généralement les morts (de cause naturelle) au sein d'une famille ou d'une maison.
Selon Lysaght, l'origine principale des légendes de Banshee, en tant que messagère de mort, est la figure et le rôle de déesses mythologiques celtiques irlandaises]. D'autres origines sont parfois supposées, comme l'ancienne tradition et pratique irlandaise des lamentations funèbres, le folklore anglo-saxon des fées (fairies), le folklore médiéval et moderne des fantômes et esprits revenants d'une femme (attachée à une famille) ou le folklore autour du « peuple des monticules » (aos sidhe).
La banshee est considérée comme une messagère de la mort annonce parfois la mort par des pleurs, des gémissements ou des lamentations ; ou plus exactement des « mélopées funèbres ».Son cri (caoineadh), est strident et lugubre, et annonce le décès imminent.
Ces « mélopées funèbres » font directement référence à l'ancienne pratique gaélique des pleureuses : des femmes qui improvisaient des lamentations vocales durant les processions funèbres et les enterrements, afin de rendre hommage au mort et à sa famille. Cette pratique funèbre, présente dans plusieurs régions du monde, est attestée en Irlande et en Écosse durant le Moyen Âge.
Dans certaines traditions, plusieurs banshees gémissant ensemble annoncent la mort d’un grand personnage ou d’un roi.
Chaque grande famille irlandaise avait sa propre banshee. Celle-ci suivait la famille si elle déménageait dans un autre pays.
« Une des plus belles superstitions des fictions irlandaises est d'assigner à certaines familles d'une vieille souche et d'un rang distingué, le privilège d'une banshie, ainsi nommée, ou fée domestique, dont l'office est d'apparaître en deuil pour annoncer la mort prochaine d'un membre de cette race. »
Walter Scott, La démonologie, ou histoire des démons et des sorciers
4. Apparences décrites
La banshee est toujours un être solitaire.
La banshee peut prendre différentes formes selon les récits :
Vieille femme décrépite, vêtue de gris, édentée. La banshee porte généralement une longue robe, à la mode ancienne. Parfois la banshee est pieds nus. Les descriptions reprennent parfois certaines caractéristiques légendaires des fantômes, telle que l'extrême pâleur ou la blancheur de sa peau ou les traits morbides de son visage.
Jeune femme d’une grande beauté, aux cheveux rouges ou argentés, vêtue de blanc.
Figure spectrale translucide.
Lavandière de nuit (bean nighe) lavant les vêtements ou linceuls des futurs morts.
Un motif récurrent est celui du peigne d’argent prit à un humain : la banshee est parfois vue en train de se peigner. Dans le folklore, ramasser un peigne trouvé sur le sol est un signe de malheur.
5. Interprétations rationnelles
Plusieurs explications naturelles ont été avancées :
Les cris nocturnes de l’effraie des clochers (Tyto alba), dont le hurlement aigu est assimilé à un cri humain.
Le vent soufflant dans les vallées ou les collines.
La survivance transformée des chants funèbres interdits.
© 2025 par Un Autre Regard Podcast.

