
Depuis l’invention du téléphone, des témoignages étranges surgissent : des personnes affirment avoir reçu des appels… de proches décédés. Voix familières, bruits parasites, conversations inachevées : ces récits troublants fascinent les chercheurs en paranormal autant qu’ils interpellent la psychologie contemporaine.
Des témoignages troublants dès le XXe siècle
L’idée de « coups de téléphone de l’au-delà » n’est pas nouvelle. Dès les années 1960-70, le chercheur américain D. Scott Rogo s’est intéressé à ce phénomène dans son ouvrage Phone Calls from the Dead (coécrit avec Raymond Bayless). Les deux auteurs ont rassemblé des dizaines de cas où des individus disent avoir reçu un appel d’une personne déjà décédée.
Les récits décrivent souvent une voix reconnaissable, parfois brouillée, qui transmet un message bref avant que la communication ne s’interrompe brutalement. Ce qui frappe, c’est la constance des témoignages à travers les décennies et les pays.
Une recherche poursuivie au XXIe siècle.
Le chercheur britannique Callum E. Cooper a repris cette enquête de manière académique dans son livre Telephone Calls from the Dead (2012). Psychologue spécialisé dans la parapsychologie, Cooper analyse non seulement les témoignages mais aussi leurs possibles explications psychologiques et techniques.
Selon lui, les « appels de l’au-delà » peuvent être perçus comme :
des expériences spontanées liées au deuil, des projections de l’inconscient, ou bien, dans certains cas, des phénomènes encore inexpliqués.
Les contributions francophones : le témoignage de Laurent Kasprowicz
En France, Laurent Kasprowicz, docteur en sociologie et chercheur indépendant, a consacré un ouvrage entier au sujet : Des coups de fil de l’au-delà (Guy Trédaniel, 2019).
Dans ce livre, il compile de nombreux témoignages mais raconte aussi sa propre expérience.
En 2004, après la mort de sa chienne, Kasprowicz aurait reçu une série d’appels inexpliqués, de jour comme de nuit, sur son téléphone. Ces appels mystérieux ont marqué le point de départ de son enquête personnelle et scientifique sur le phénomène.
Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur les expériences de communication après la mort, et il rapproche les « appels de l’au-delà » de la transcommunication instrumentale (TCI), des EVP (Electronic Voice Phenomena) ou encore des signes spontanés reçus par les endeuillés.
Quand les célébrités s’invitent dans le mystère : le cas de C. Jérôme
Les coups de téléphone de l’au-delà ne concernent pas seulement les anonymes. Certaines personnalités du monde artistique ou médiatique ont été associées à ces récits. En France, l’exemple le plus marquant reste celui du chanteur C. Jérôme (1946-2000), interprète de nombreux succès populaires dans les années 1970 et 1980.
Après son décès, plusieurs témoignages de proches et d’admirateurs ont circulé, rapportant avoir reçu des « signes » par téléphone. Certains disent avoir entendu une sonnerie inhabituelle suivie d’un silence, d’autres une voix lointaine ressemblant à celle du chanteur. Ces récits, relayés dans des cercles de passionnés de paranormal, sont venus renforcer l’idée que même les célébrités pouvaient chercher à communiquer depuis l’au-delà.
Le cas Charles Peck : un appel depuis la mort
Parmi les histoires les plus célèbres figure celle de Charles E. Peck, un Américain décédé le 12 septembre 2008 lors du terrible accident de train de Metrolink à Los Angeles.
Alors que son corps n’avait pas encore été retrouvé, sa famille et ses proches commencèrent à recevoir une série d’appels depuis son téléphone portable. Plus de 35 coups de fil furent enregistrés dans les heures suivant l’accident : certains correspondaient à des numéros de proches, mais lorsqu’on décrochait, la ligne était silencieuse.
Les sauveteurs ont tenté de localiser Peck grâce à ces appels, pensant qu’il était peut-être encore en vie, piégé dans les décombres. Mais quand ils découvrirent finalement son corps, ils constatèrent qu’il était décédé sur le coup… et son téléphone portable était hors d’usage.
Ce cas spectaculaire reste aujourd’hui l’un des plus troublants de la littérature sur les « appels de l’au-delà », souvent cité par les chercheurs comme une illustration extrême du phénomène.
Entre parapsychologie et scepticisme
Face à ces histoires, la science classique reste prudente. Certains y voient de simples illusions auditives, des confusions dues au stress du deuil, voire des canulars. Mais d’autres chercheurs, comme Rogo, Cooper et Kasprowicz, ont relevé des éléments troublants qui ne s’expliquent pas uniquement par des erreurs de perception.
Les appels sont parfois enregistrés, laissant une trace sonore – même si leur analyse reste sujette à débats.
Un phénomène qui persiste
Aujourd’hui encore, dans les forums consacrés au paranormal ou dans les enquêtes de terrain, on retrouve des récits de personnes affirmant avoir décroché leur téléphone pour entendre la voix d’un parent ou ami disparu.
Qu’on y voie un signe de l’au-delà ou une manifestation psychologique liée au deuil, ces expériences demeurent puissantes et marquantes pour ceux qui les vivent.
Les coups de téléphone de l’au-delà illustrent parfaitement cette zone grise entre psychologie, technique et mystère. Ils rappellent que, dans notre ère ultra-connectée, l’idée que les défunts puissent « emprunter une ligne » pour dire un dernier mot continue de nous fasciner et de nous interroger.
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